WAPA – Pour la réinsertion des ex-enfants soldats

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WAPA – Pour la réinsertion des ex-enfants soldats

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Nous entendons peu parler des enfants soldats. Pourtant, en 2017, l’UNICEF estimait à 250 000 le nombre d’enfants soldats dans le monde, dans 20 conflits répartis entre l’Afrique, l’Asie, le Moyen-Orient et l’Amérique latine.

La notion d’enfants soldats est relativement complexe. Raison pour laquelle on lui préfère aujourd’hui la notion d’ « enfant associé à une force armée ou à un groupe armé ».

Cette dernière comprend toute personne âgée de moins de 18 ans qui est ou a été recrutée ou employée par une force ou un groupe armé, quelle que soit la fonction qu’elle y exerce. Un enfant soldat n’est donc pas seulement l’enfant qui combat sur le front. Il peut s’agir notamment de filles ou garçons utilisés comme cuisiniers, porteurs, messagers, espions ou à des fins sexuelles.

Lors de la Conférence de Paris, qui s’est tenue en février 2007, 105 Etats membre de l’ONU s’étaient engagés à réduire ce chiffre et à libérer les enfants encore enrôlés dans des groupes armés, aboutissant à ce que l’on appelle « Les Principes et Engagements de Paris« . 10 ans plus tard, une seconde conférence avait lieu à Paris mettant davantage l’accent sur la sécurité dans les écoles. Depuis, bien que de nombreux pays aient signé ces engagements, il est difficile de trouver des informations complètes sur l’avancée, ou plutôt le recul, du nombre d’enfants soldats.

A ce jour, l’UNICEF affirme déjà avoir « permis à plus de 100 000 enfants d’être libérés et réinsérés dans leurs communautés et ce dans plus de 15 pays affectés par la guerre ». Une lutte qui continue.

S’engager pour la réinsertion

Avec l’évolution rapide des conflits qui persistent aujourd’hui et la fin de ceux plus anciens, la question de la réinsertion post-conflit des « ex-enfants soldats » devient de plus en plus importante. Plusieurs organismes et associations ont fait le choix de s’attaquer à ce problème et à s’engager pour leur réintégration dans la société.

WAPA, War-Affected People’s Association, en fait partie. Créée par deux jeunes femmes belges il y a 6 ans, WAPA International « lutte pour la réinsertion d’ex-enfants soldats au sein de communautés renforcées dans des pays post-conflit ou en transition vers la paix ». Comment ? « En collaborant étroitement avec ses partenaires locaux et en finançant les programmes qu’ils mettent en œuvre. »

Aujourd’hui, l’association est présente dans 3 pays : en Ouganda (depuis 2013), au Sri Lanka (depuis 2017) et plus récemment en Colombie (depuis 2019).

En Ouganda, WAPA s’est associé avec Karin Community Initiatives Uganda, une ONG présente depuis plus de 15 ans dans le nord du pays, dans le district de Gulu. Plusieurs programmes y sont proposés pour améliorer les conditions de santé et d’accès à l’éducation des enfants et familles touchés par les anciens conflits. Une des initiatives proposées permet d’offrir une vache à une famille. Ce dernier projet rappelle l’importance du respect du principe de « subsidiarité » et d’autonomisation, pour permettre le renforcement des capacités locales au lieu de perpétuer une forme de dépendance. Un principe que WAPA met au cœur de chacune de ses actions.

 WAPA mène aussi des campagnes de sensibilisation et de plaidoyer afin de prévenir et stopper le recrutement d’enfants soldats. Prochainement, l’association lancera sa campagne de crowdfunding annuelle en partenariat avec la plateforme américaine Charidy. L’ambition de cette campagne ? Récolter 75 000€ en 24h pour « changer la vie de 150 ex-enfants soldats » en offrant un soutien psychosocial, des formations scolaires et une aide professionnelle.

L’art-thérapie au service de la réintégration

Dans le cadre des activités de notre fonds de dotation, nous sommes fières de soutenir leur projet en Colombie et leur partenaire local, l’association Proyectarte.


@WAPA International

En Colombie, WAPA travaille aux côtés de Proyectarte, une association locale qui offre un appui psychosocial aux enfants et jeunes affectés par des conditions de violence et de vulnérabilité sociale. Le programme soutenu par WAPA est celui d’art-thérapie à destination des jeunes démobilisés des groupes armés.

Il existe deux centres de réinsertion d’ex-enfants soldats en Colombie, situés à Medellin et à Cali. C’est en collaboration avec un de ces instituts que l’association Proyectarte propose ses actions.


Les enfants qui ont été soldats sont encore très stigmatisés, et d’autant plus en Colombie, un pays où certains conflits ne sont pas encore terminés et certaines zones, notamment des zones rurales, sont encore sous contrôle de groupes armés.

 

En complément d’un suivi psychologique, et de programmes éducatifs et thérapeutiques variés, dispensés par des professionnels, Proyectarte utilise l’art pour transformer les vies de ces jeunes enfants encore traumatisés par leur vécu. Ce programme d’art-thérapie leur permet de se reconnecter à eux-mêmes en se découvrant de nouveaux talents, en se concentrant sur un nouveau projet de création et d’expression. Les activités proposées (tissage, peinture, danse, musique, …) leur permettent aussi de se calmer intérieurement. Le tout pour chercher à se reconstruire eux-mêmes et envisager un nouveau projet de vie, axé sur le vivre ensemble et non sur la violence.

WAPA s’est rendu sur place pour la deuxième fois cette année. Marie, qui gère à la fois la communication de WAPA et le partenariat avec Proyectarte nous explique : «  les enfants qui ont été soldats sont encore très stigmatisés, et d’autant plus en Colombie, un pays où certains conflits ne sont pas encore terminés et certaines zones, notamment des zones rurales, sont encore sous contrôle de groupes armés ». « Le but de ce projet est que ces enfants puissent être considérés autrement et se voir eux-mêmes comme de simples adolescents, comme des artistes et non plus comme des enfants soldats ».

Lors de leur voyage, l’équipe de WAPA a participé à un festival culturel à Medellin, aux côtés de leur partenaire Proyectarte et des enfants et adolescents du programme d’art-thérapie. Pour cette parade, les jeunes du programme d’art thérapie ont confectionné des masques, plus beaux les uns que les autres, et préparé des chorégraphies, ensemble.

« La réinsertion des ex-enfants soldats est une problématique particulièrement complexe », précise Marie. « L’envie des enfants de se réintégrer doit venir d’eux et l’association Proyectarte doit sans cesse s’adapter à l’intégration de nouveaux profils et de vécus difficiles. »

Enfin, encore aujourd’hui, certains de ces enfants risquent d’être reconnus par les anciens groupes armés dont ils faisaient partis. Ils sont cependant plusieurs à avoir bien voulu partager leur expérience avec WAPA et à être pris en photos, mais toujours en gardant leur masque… 

 


A travers ces Stories, Azickia vise à mettre en avant des initiatives à impact social, en France et dans le monde, et cela sans adhérer pour autant à toutes les opinions et actions mises en place par celles-ci. Il est et restera dans l’ADN d’Azickia de lutter contre toute forme de discrimination et de promouvoir l’égalité pour tous.

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