L’accès à l’électricité, un puissant levier pour les droits des femmes dans le monde

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L’accès à l’électricité, un puissant levier pour les droits des femmes dans le monde

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Electriciens sans frontières agit depuis plus de trente ans pour plus d’égalité face à l’accès à l’eau et à l’électricité dans le monde. Les nombreuses missions sur le terrain et les chiffres de plus en plus précis sur la situation des femmes dans le monde, ont confirmé que l’accès à l’eau et à l’électricité pouvaient être un véritable levier dans l’amélioration de l’égalité entre les sexes.

En effet, les femmes sont les premières précarisées dans le monde. Elles représentent 13% des propriétaires agricoles et deux tiers des 775 millions d’adultes analphabètes. Forts de ce constat, Electriciens sans frontières travaille de plus en plus à l’intégration de la dimension du genre dans ses projets.

Plusieurs leviers permettent à l’ONG d’améliorer la situation de ces femmes.

 

 

Renforcer la santé et la sécurité des femmes

L’amélioration des conditions d’accès aux soins

Avoir accès à l’électricité peut déjà améliorer grandement les conditions de soins. Cela permet par exemple de conserver certains vaccins au réfrigérateur. Il est également possible d’installer des appareils de diagnostic pour approfondir les premiers soins comme des échographes, et ce dans des régions reculées. Cela évite donc aux populations de longues heures de route dans des situations parfois critiques pour arriver au premier hôpital équipé avec ce type de machines.

Plus simplement, l’électricité permet d’éclairer là où l’on ne peut faire sans, et donc de soigner des patients plus tard dans la journée, mais aussi de travailler dans de meilleures conditions. C’est le cas des sages-femmes qui travaillent souvent avec une simple lampe torche nichée entre la tête et l’épaule. Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement) démontre d’ailleurs que l’accès à l’électricité permet de faire décroître les taux de mortalité maternelle et infantile. En effet, l’électricité permet notamment d’améliorer les conditions d’accouchement.

Améliorer les conditions de vie et prévenir les violences faites aux femmes lors de crises humanitaires

Bangladesh – Camp de Cox’s Bazaar – 2019 © Electriciens sans frontières

Dans le plus grand camp de réfugiés au monde, Cox’s Bazaar au Bangladesh, où se sont réfugiés un million de Rohingyas fuyant le Myanmar, Electriciens sans frontières a mené une action conjointe avec l’association bangladaise Friendship. Au sein du camp, la sécurité des femmes et des enfants est fortement menacée notamment après le coucher du soleil lorsqu’elles vont aux puits ou aux latrines. Forts du constat qu’à peine 50 % des besoins en eau, hygiène et assainissement sont couverts, mais aussi que 52 % de la population a déjà subi des violences sexuelles, ils ont lancé un projet en deux étapes.

Tout d’abord, former deux apprentis de Friendship au sein de Schneider Electric (partenaire d’Electriciens sans frontières), pour qu’ils forment à leur tour une vingtaine de Rohingyas et de Bangladais dans les camps. La formation est théorique mais aussi pratique avec des chantiers-école pour électrifier une cinquantaine de latrines et puits (zones sensibles). La seconde étape du projet vise à fournir rapidement 1000 lampes solaires individuelles aux familles les plus précaires. Ces lampes permettent une certaine autonomie (recharge de téléphones portables par exemple) et assurent la sécurité lors des déplacements au sein du camp.

 

Bangladesh – Camp de Cox’s Bazaar – 2019 © Electriciens sans frontières

 

Développer la formation des femmes et leur accès à la propriété

Un métier utile et nécessaire : électricienne

Sénégal – Diofior – 2018 © Electriciens sans frontières

La filière reste composée aujourd’hui d’une majorité d’hommes, mais Electriciens sans frontières actionne des leviers pour faire bouger les lignes.

C’est le cas notamment sur le chantier-école du centre de formation de Diofor au Sénégal. Ce dernier forme des jeunes à la restauration, à la gestion, à l’entrepreneuriat, à l’agro-écologie mais également à l’électricité depuis 2013. Afin de leur permettre de pratiquer ce qu’ils apprennent en cours, un chantier-école a été mis en place avec l’aide d’Electriciens sans frontières pour déployer une installation électrique répondant aux besoins du centre. Et sur ce projet-là, c’est une cheffe de chantier qui a été nommée.

 

Sénégal – Diofior – 2020 © Electriciens sans frontières

Par ailleurs, de plus en plus de femmes sont engagées parmi les bénévoles chez Electriciens sans frontières, allant des cheffes de mission, aux membres d’équipe projet et membres des secrétariats régionaux au sein des délégations.

Enfin, il existe un dernier vecteur de parité, plus subtil : la mise en avant de femmes actrices du développement sur les visuels, photos et vidéos d’Electriciens sans frontières. Donner de la visibilité aux femmes dans ces métiers permet l’identification, indispensable pour propager la vocation auprès des filles et jeunes femmes. En effet, comment souhaiter s’engager dans une carrière d’électricienne quand on n’en a jamais vu ?

 

Faciliter l’accès à la propriété

Dans le cadre du projet SISAM (Solution d’Irrigation Solaire Améliorée) par exemple, Electriciens sans frontières vient en aide aux petits maraîchers au Togo, au Burkina Faso et au Bénin qui sont principalement des femmes, mais aussi des jeunes. Ils leur permettent notamment de formaliser leur droit d’usage. En effet, ces maraîchers sont souvent locataires très précaires, avec un simple accord oral, et peuvent donc perdre leur activité du jour au lendemain.

Une fois le contrat de location en règle, ainsi que la nouvelle solution d’irrigation proposée par Electriciens sans frontières en place, leur situation devient plus stable et pérenne. Cela leur permet aussi d’être plus crédible auprès des institutions financières en présentant un projet viable. Il peuvent donc prétendre à des financements inenvisageables auparavant, pour accéder à la propriété de leurs terres et ainsi sécuriser leur activité à plus long terme.

 

Encourager et améliorer la vie professionnelle des femmes

De meilleures conditions de travail

L’électricité permet également d’améliorer les conditions de travail des femmes. C’est ce que démontre aussi l’important projet SISAM. Les petits maraîchers au Togo, au Burkina Faso et au Bénin sont les garants de la sécurité alimentaire. Malheureusement, ce sont encore principalement les femmes et les jeunes qui partent loin de leurs petites exploitations puiser l’eau manuellement puis la ramener dans une bassine posée sur leur tête.

Electriciens sans frontières, avec l’aide de ses partenaires, y a installé deux modèles de pompes solaires qui permettent d’accéder à l’eau bien plus facilement. Celle-ci est stockée dans des bassins à proximité des exploitations maraîchères, plus proches et faciles d’accès pour les femmes et jeunes filles chargées de collecter de l’eau.

“Avant, je puisais l’eau dans le puits, puis je mettais la bassine sur la tête et j’allais loin. J’avais des maux de reins, des maux de cou… Arrivée à la maison, j’étais fatiguée, je n’arrivais pas à produire beaucoup de choses”, raconte Estelle Bonon, maraîchère à Savalou, au Bénin.

 

Une situation économique plus sûre et des opportunités de travail décent

Burkina Faso – Ouahigouya – 2019 © Electriciens sans frontières

Une activité salariée et une rémunération décente sont essentielles pour améliorer l’accès aux transports, aux soins et à l’éducation des femmes, d’autant plus quand il s’agit de mères seules.

Au sein du centre de recyclage de sachets plastiques de Ouahigouya au Burkina Faso, l’association Movement a permis à ces jeunes mères de se réinsérer dans la société par le travail et leur offre un cadre de vie plus sûr.

“La gestion de l’atelier est sous forme collaborative, nous avons toutes un rôle de porteur de projet, ce qui permet de gagner en compétences et en confiance en soi.” explique Zenabo, une des salariées du centre.

Pour des femmes en situation sociale et économique difficile, ce travail leur permet désormais de mieux subvenir à leurs besoins essentiels, mais aussi d’envoyer leurs enfants à l’école ainsi que de se déplacer. Depuis son électrification par Electriciens sans frontières, la production a pu s’accroître au sein du centre, ce qui a permis d’embaucher davantage de femmes en situation de précarité.

L’électricité représente donc un vrai enjeu pour améliorer la situation des femmes dans le monde. En 2019, Electriciens sans frontières est fier d’avoir obtenu le prix ONU de l’innovation climatique à la COP25 grâce à ses réalisations permettant de renforcer la résilience des populations sur l’île de la Dominique ainsi que le prix Zayed Sustainability avec son programme de formation au sein du camp de réfugiés Rohingyas au Bangladesh.

L’accès à l’électricité durable ne s’arrête pas seulement à la mise en place de panneaux photovoltaïques et de la lumière. Les enjeux sont bien plus larges et c’est en s’appropriant ces différents leviers que les projets d’Electriciens sans frontières contribuent à réduire les inégalités de genre, améliorer les conditions d’éducation, de santé, vie sociale et contribuer au développement économique des populations.

 

Pour soutenir les actions d’Electriciens sans frontières et en savoir plus sur les enjeux de l’électrification rurale, c’est par ici :

 


Cette Story est écrite par Julia Malek, en collaboration avec Electriciens sans frontières.

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