Lumière sur Lydia : L’enseignante qui fait bouger les lignes pour les enfants à besoins spéciaux grâce à la motricité fine

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Lumière sur Lydia : L’enseignante qui fait bouger les lignes pour les enfants à besoins spéciaux grâce à la motricité fine

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#ThroughHerEyes est le fruit d’une collaboration entre Azickia et Lensational, une jeune organisation à but non lucratif, qui forme la nouvelle génération de femmes photographes et vidéastes issues de communautés défavorisées. Dans cette série, nous vous proposons une Story mensuelle consacrée au partage des histoires et des perspectives de ces femmes. Chaque mois, les photographes du réseau Lensational, qui viennent de communautés vulnérables d’Asie et d’Afrique, partagent leur travail et leur point de vue sur un sujet. Chez Azickia, nous sommes fiers de collaborer avec Lensational et de contribuer à leur aventure en publiant les histoires de ces femmes.

Un photoessay réalisé par Mercy Wambui, en collaboration avec Naomi Njeri et Jecinta

 


Mme Lydia est professeur d’anglais à l’école primaire de Nkaimurunya au Kenya. En plus de son travail d’enseignante, elle a passé toute sa carrière à s’occuper d’enfants orphelins et est aussi conseillère d’orientation. Lorsqu’elle a débuté en tant qu’enseignante, elle ne savait pas que son travail de conseillère lui permettrait de découvrir sa vraie passion, celle d’être une “mère”, comme elle le dit, pour les enfants abandonnées.

Aussi loin qu’elle se souvienne, Lydia a toujours été touchée par les enfants qui semblaient laissés pour compte ou ceux qu’elle décrit comme “distants”. Elle était curieuse de comprendre quelles étaient leurs histoires, et pourquoi ils restaient à l’écart du groupe, alors que d’autres enfants jouaient ensemble.

Peu à peu, en s’intéressant de plus près à ces enfants “exclus” à l’école, Lydia a commencé à réfléchir à comment leur remonter le moral et leur offrir un meilleur avenir.

Malheureusement, ses ressources financières limitées ne lui ont pas permis de terminer ses études pour être conseillère diplômée, mais sa brève formation et sa passion pour le sujet ont suffi à lui assurer un premier emploi : une affectation en tant qu’enseignante et conseillère d’orientation dans une école primaire locale d’Ongata Rongai, à Nairobi.

C’est là qu’elle a pris connaissance de la triste réalité des enfants orphelins et des enfants handicapés qui fréquentaient l’école.

Leurs histoires lui ont brisé le cœur.

Ces enfants handicapés avaient été grandement négligés. En plus d’être regroupés avec d’autres élèves pendant les cours, leurs besoins particuliers à l’école et à la maison étaient eux aussi mis de côté.

À la maison, les enfants étaient aussi exclus et sans cesse comparés aux autres enfants par leur famille. Dans les cas les plus extrêmes, ils étaient victimes d’abus sexuels et physiques.

La plupart de leurs familles ignoraient les soins et l’attention particulière dont ils avaient besoin. Les autres enseignants aussi.

Mme Lydia raconte la situation critique de nombreux enfants handicapés à Gataka.

Peu de temps après, Lydia s’est inscrite pour reprendre des études supérieures en éducation spécialisée. Elle pensait qu’avec une formation, elle serait en mesure de fournir aux enfants les soins appropriés et d’expliquer leurs besoins auprès de leurs parents.

Mme Lydia devant l’unité spéciale pour enfants de l’école primaire de Nkaimurunya

Mais ce n’était que le début de l’aventure pour Mme Lydia. Ses études lui ont permis d’acquérir les compétences nécessaires pour prodiguer des soins et faire preuve de tendresse, mais ces compétences n’ont pas suffi à rendre les enfants autonomes.

Que se passerait-il une fois qu’ils auraient quitté l’école ? Seraient-ils capables de prendre soin d’eux-mêmes ? Lydia a longuement réfléchi à ce qui allait arriver aux enfants. Progressivement, elle a trouvé une voie plus prometteuse à explorer.

Les journées passées à observer les enfants ayant des besoins spéciaux avaient appris à Lydia qu’ils apprenaient tout aussi rapidement des compétences pratiques.

Elle a alors décidé de leur apprendre des tâches plus précises dont ils pourraient se resservir facilement : des compétences manuelles, allant de l’artisanat de perles à l’agriculture, qu’elle devait d’abord apprendre elle-même, pour pouvoir ensuite les transmettre à ses élèves.

Cela fait un an que Mme Lydia a commencé à donner des cours d’artisanat à ses élèves, l’histoire de Malvin que nous avions aussi publiée étant ici l’une de ses plus grandes réussites.

Jongler entre la prise en charge d’enfants ayant des besoins particuliers et l’enseignement dans des classes normales est un défi. Mme Lydia a l’impression de ne pas être en mesure d’offrir tout l’aide et le soutien qu’elle voudrait à ses élèves. En plus d’être à court de ressources et de soutien pour faire avancer le programme d’études des enfants à besoins spéciaux, Mme Lydia a toujours été confrontée à un manque de coopération de la part de la plupart des parents pour tenter de mettre en place des ateliers qui leur apprendraient à être plus attentifs à leurs enfants à la maison.

Elle essaie toujours plus et travaille actuellement à l’intégration de la menuiserie et de la couture, comme nouvelles compétences, à son programme d’études. Chacun de ses savoirs demande un grand engagement, qu’elle apprend et transmet à ses élèves.

Enfin, Lydia est souvent elle-aussi ostracisée par ses collègues et sa famille, qui qualifient souvent ses efforts de perte de temps.

Mais l’espoir de Lydia n’est pas perdu, elle croit dur comme fer que beaucoup de personnes partagent les mêmes idées et aimeraient autant qu’elle voir ces enfants réussir.

Nous espérons également qu’en mettant en lumière son excellent travail, Mme Lydia pourra recevoir l’attention et le soutien nécessaires pour faire progresser son travail avec les enfants vulnérables.

 

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