ThroughHerEyes #1 – Coronavirus au Ghana : l’impact humain du confinement en images

Partager sur facebook
Partager sur linkedin

ThroughHerEyes #1 – Coronavirus au Ghana : l’impact humain du confinement en images

Partager sur facebook
Partager sur linkedin

#ThroughHerEyes est le fruit d’une collaboration entre Azickia et Lensational, une jeune organisation à but non lucratif, qui forme la nouvelle génération de femmes photographes et vidéastes issues de communautés défavorisées. Dans cette série, nous vous proposons une Story mensuelle consacrée au partage des histoires et des perspectives de ces femmes. Chaque mois, les photographes du réseau Lensational, qui viennent de communautés vulnérables d’Asie et d’Afrique, partagent leur travail et leur point de vue sur un sujet. Chez Azickia, nous sommes fiers de collaborer avec Lensational et de contribuer à leur aventure en publiant les histoires de ces femmes.

Reportage par la photographe de la communauté Lensational Fibi Afloe

Le 23 mars 2020, une fermeture partielle des villes d’Accra et de Kumasi, au Ghana, a entraîné un arrêt de l’activité économique, rendant chaque jour la vie de plus en plus difficile pour une grande partie de la population.

Pour lutter pour leur survie quotidienne et éviter de contracter le virus, les familles vivant dans des bidonvilles comme Nima, à Accra, ont dû trouver un équilibre entre la limitation de leurs déplacements et le maintien de la distance sociale dans des foyers surpeuplés.

Fibi Afloe, une jeune photographe de Nima, a documenté la vie quotidienne des habitants de sa communauté, alors que des restrictions étaient imposées pour ralentir la propagation du COVID-19 au Ghana. 

« J’ai parfois un sentiment de danger en étant sur le terrain en train de photographier. Et cela me brise le cœur de voir des femmes et des enfants qui luttent pour survivre au jour le jour alors que les activités économiques sont suspendues, et des mères qui portent leurs bébés sur le dos, faisant la queue des heures pour obtenir des dons de nourriture et autres produits de première nécessité », dit Fibi.

« Nous sommes confrontés à beaucoup d’incertitudes pendant cette période, et la plupart des gens, moi y compris, se sentent impuissants. Prendre mon appareil photo pour documenter notre lutte en ce moment me donne de la force ; c’est une occasion pour moi de raconter l’histoire de toutes ces personnes, alors qu’ils essaient de faire face à la pandémie ».

Compte tenu du risque de s’exposer au virus, Fibi a essayé de suivre les directives sanitaires et gouvernementales chaque fois qu’elle est sortie pour recueillir ces témoignages et images.

« Je porte un masque chaque fois que je quitte ma maison et j’utilise mon désinfectant pour les mains aussi souvent que possible. Au lieu d’un mouchoir en tissu, j’utilise un mouchoir en papier, et au lieu du bus, je prends un taxi. Dès que j’arrive chez moi, je me lave immédiatement les mains, je prends une douche et je nettoie toutes mes affaires et mon matériel ».

Une ville déserte

3 Avril 2020. Une rue vide dans l’un des quartiers commerciaux les plus fréquentés d’Accra, alors que le Ghana impose un confinement partiel pour stopper la propagation du coronavirus (COVID-19). Photo : Fibi Afloe
17 avril 2020. Un marché déserté à Accra, après que le Ghana ait decidé d’appliquer un confinement partiel pour arrêter la propagation du coronavirus (COVID-19). Photo : Fibi Afloe
17 avril 2020. Un marché déserté à Accra, après que le Ghana ait decidé d’appliquer un confinement partiel pour arrêter la propagation du coronavirus (COVID-19). Photo : Fibi Afloe
18 avril 2020. De nombreux magasins, restaurants et prestataires de services à Accra ont essayé de proposer des solutions alternatives pour rester en activité. Accra, Ghana. Photo : Fibi Afloe

Prévention

3 avril 2020, Accra, Ghana. Photo : Fibi Afloe

Après l’annonce du confinement par le président Nana Akufo-Addo le 23 mars 2020, les marchés d’Accra ont été fermés pour permettre une intervention de désinfection. Les travailleurs de Zoomlion, une importante société de gestion des déchets, ont investi les rues vides d’Accra pour y ramasser les ordures.

3 Avril 2020, Accra, Ghana. Photo: Fibi Afloe
3 Avril 2020, Accra, Ghana. Photo: Fibi Afloe
3 Avril 2020, Accra, Ghana. Photo: Fibi Afloe
Certaines des mosquées du district de Nima ont également été désinfectées. 23 mars 2020, Nima, Accra, Ghana. Photo : Fibi Afloe

Soutien pour les Kayayei

3 avril 2020, Tema Station, Accra, Ghana. Photo : Fibi Afloe

Les Kayayei, jeunes femmes et filles qui travaillent comme “porteuses” et transportent des marchandises sur leur tête, ont été parmi les groupes les plus touchés, ressentant le plus sévèrement l’impact des mesures contre le COVID-19.

Les Kayayei émigrent généralement du nord du Ghana vers la capitale dans l’espoir de trouver du travail et de subvenir aux besoins de leur famille restée au pays. Elles vivent généralement à proximité des marchés, souvent dans des abris surpeuplés.

Les restrictions imposées en matière de confinement ont rendu la vie des Kayayei particulièrement insupportable. Depuis la fermeture, elles sont tributaires des dons de nourriture.

3 avril 2020, Tema Station, Accra, Ghana. Photo : Fibi Afloe

Des organisations privées et des ONG travaillent pour soutenir la survie des Kayayei. Malgré tous les efforts, certaines des “porteuses” n’ont pas pu recevoir de colis alimentaires en raison d’une pénurie de provisions par rapport à un grand nombre de femmes dans le besoin.

De nouveaux obstacles pour les femmes du marché

10 avril 2020, CMB Market, Accra, Ghana. Photo : Fibi Afloe

En avril, le marché autour du Cocoa Marketing Board (CMB) d’Accra a dû être fermé en raison du non-respect des protocoles de distanciation sociale mis en place.

10 Avril 2020, CMB Market, Accra, Ghana. Photo: Fibi Afloe
10 Avril 2020, CMB Market, Accra, Ghana. Photo: Fibi Afloe

Les femmes du marché qui n’ont pas observé de distanciation sociale se sont vues interdire par le gouvernement d’y vendre jusqu’à nouvel ordre.

Néanmoins, certaines de ces femmes ont ignoré l’ordre et sont venues au marché pour vendre leurs produits. Beaucoup dépendent de ce revenu quotidien pour nourrir leur famille. La présence de la police a été renforcée pour faire respecter la réglementation.

L’unité de réponse rapide de l’assemblée municipale de Korle Krottey (K.K.M.A.) sur le marché, vérifiant si les vendeurs respectent la réglementation. 10 avril 2020, marché CMB, Accra, Ghana. Photo : Fibi Afloe
Des gens observent les événements au marché CMB. 10 avril 2020, Accra, Ghana. Photo : Fibi Afloe

Protection

Le 19 avril 2020, le Président a levé le confinement partiel.   Entre-temps, d’autres mesures ont également été assouplies, notamment la réouverture de certaines églises et de certains établissements d’enseignement, pour peu que ceux-ci respectent les protocoles très stricts de prévention contre le COVID-19. Comme les cas de COVID-19 continuent d’augmenter au Ghana, il est crucial que les gens fassent de leur mieux pour se protéger et protéger les autres.

Des stations de lavage des mains comme celle-ci ont été installées dans tout Accra devant les magasins, pour que les clients puissent les utiliser avant d’entrer. 25 mars 2020. Photo : Fibi Afloe
Depuis la levée des restrictions le 19 avril 2020, le port du masque est devenu obligatoire pour tous. Photo : Fibi Afloe

 


A travers ces Stories, Azickia vise à mettre en avant des initiatives à impact social, en France et dans le monde, et cela sans adhérer pour autant à toutes les opinions et actions mises en place par celles-ci. Il est et restera dans l’ADN d’Azickia de lutter contre toute forme de discrimination et de promouvoir l’égalité pour tous.Licence Creative CommonsCe(tte) œuvre est mise à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 France.

Découvrir plus d'articles